Pourquoi et comment ?

 

L’ORIGINE

 

Originaire de la région de Marseille, j’exerce aujourd’hui à Bordeaux, passionnée par l’image depuis plus de 15 ans. Pour comprendre l’aboutissement de cette démarche professionnelle et l’engagement qui me lie à cette dernière, il faut remonter aux années 2005.
C’est à Marseille, en 2005, que je découvre, la photographie.
Marseille est une ville aux empreintes et influences forte. Elle demeure aujourd’hui pour moi un port d’attache. Un détail, non sans importance dans ma pratique et l’orientation des thématiques sur lesquelles j’interviens aujourd’hui. C’est en arpentant les rues de Marseille, parfois jusqu’à l’errance, que j’ai appris à choisir mes sujets photographiques et à affiner mon regard. La rue, son activité, et les mondes qu’elle fait advenir y tiennent des places fortes.

La photographie sociale pour Raconter

C’est spontanément et dès mes débuts que je me tourne vers la photographie sociale, à visée narrative. Ce que j’aime : la photographie vivante, prise sur le vif. Celle sans prétention, qui crée ce quelque chose, qui raconte, au service de… Oui, de quoi au juste ? Et dans quel but ? Une grande et vaste question posée comme mystère… Centrale pourtant ! Une question qui sera au cœur de mon quotidien pour les dix prochaines années qui suivront, avant, ici, de trouver une esquisse de réponse au fil du temps et, à travers la création de mon activité aujourd’hui.

 

L’INSPIRATION ET LA PHILOSOPHIE EN CHEMIN

 

Les photographes comme Robert Doisneau ou encore Henri Cartier Bresson, de grands maîtres témoins de leur temps qui ont raconté leur époque, voilà ce qui anime ma pratique et ma culture photographique en premier lieu. Comme des collectionneurs de souvenirs, un peu à l’image de ces attrapes rêves amérindiens, entre créateurs de souvenirs et journaliste du quotidien c’est à travers cet univers que je me les représente et, dans ce terreau, que je puise mes premières inspirations.

En 2005, la démocratisation de l’appareil photo numérique bat son plein. C’est à ce moment précis de l’histoire de la photographie que je réalise ainsi modestement mes premiers clichés, à l’argentique. Si la photographie et sa pratique se réinventeront particulièrement à ces occasions, ce sera aussi le cas pour le métier de photographe et c’est amené par ce contexte, que depuis le début, s’est amorcé en moi ce qui s’avérera par la suite une longue réflexion sur le rôle du « Photo-Graphe » en mon temps.

L’image comme outil d’écriture

La photographie n’en demeurera pas moins pour autant toujours un outil pour moi. Un outil, cependant dès plus précieux, au pouvoir de raconter, capable de rendre visible le sensible. Mettre en image le silencieux, ce qui ne trouve pas de mots. Pour toutes ces raisons et, parce qu’en un seul regard la photographie peut vous transporter, vous permettre de rentrer dans une histoire, un monde, parfois juste au détour d’une scène, des mondes tout autant imaginaires les uns que les autres, créer de toute pièce, comme les scènes d’un grand théâtre qui vont bien au-delà de leur fonction narrative, que la photographie avait, et aura toujours pour moi un lien particulier et privilégié avec la Poésie et l’Art.

Des domaines et des thématiques qui se mixent et se rencontrent sans cesse dans mon travail en ce qu’ils ont de commun la possibilité d’interroger avec puissance les normes sociales établies et, de temps à autres, ouvrir des portes vers d’autres mondes possibles, plus légers, en quête d’équité, ou encore des univers plus humoristiques où, à travers ces derniers, il convient parfois de réenchanter le monde face à des réalités, des drames de sociétés bien d’actualité. Créer des mondes où tout redevient alors possible.

Photo-Graphier c’est Témoigner, rendre le souvenir possible

Forte de ce regard sensible sur le monde – parfois encombrant- avant la technicité de l’image, qui en obsède cependant beaucoup dans le monde de la photographie – à ce sujet, devant mon incompréhension la plus probante et, qui persiste dans le temps – je suis simplement et, depuis mes débuts, fascinée par le fait que Photo-Graphier permet d’immortaliser quelque chose. Peu importe l’outil mobilisé (l’image, l’écriture etc.). Photographier c’est faire l’état d’une activité de témoignage. C’est faire exister un passé au présent, rendre compte de ce qui a été, aussi bref soit-il : un moment, une émotion, des gestes qui n’existeront peut-être plus jamais. Photographier le monde c’est en rendre compte tout en alimentant une mémoire commune.

Une mémoire ça a tout son sens. Elle permet de se souvenir d’un passé. Sans passé, il n’y a qu’un présent chaotique, obscur et un avenir incertain et menacé.

Se souvenir parfois qu’on partage la même histoire, à travers les époques et le temps qui passe, tout en rendant possible le fait de pouvoir témoigner d’un passé commun – pourvoir le raconter, en donner une lecture – devient urgent. Toutes les populations de cette planète n’ont-elles jamais chercher la même chose ? Transmettre, tout en laissant une trace de leur passage sur terre.
C’est dire si le rôle du Photo-Graphe est aujourd’hui primordial. C’est en tout cas ainsi que j’aime à penser que je suis parfois Report-Terre.

 

LA CREATION ET L’INDEPENDANCE COMME EVIDENCE :

ÊTRE REPORT-TERRE

 

En chemin, ça s’est simplement imposé comme une évidence : Ecrire, Témoigner, Raconter, Transmettre. Presque comme un non-choix : photographier sera mon métier. Une mission à plein temps. J’ai l’ai su en 2005, je le ressens avec la même ferveur aujourd’hui. Forte de cette réflexion sur les contours de cet art au sens premier, celui de photographier : d’écrire avec la lumière/de décrire avec un regard éclairé, j’ai vite cependant compris qu’il ne s’agirait pas pour moi de vivre de mes clichés mais de ce qu’il y avait à raconter derrière. Le statut d’artiste/auteure s’est ainsi imposé à mon activité et à mon mode de vie. Parce qu’en fait, il n’a toujours s’agit que de cela pour moi : capturer ces petits instants, ceux qui font partie de notre quotidien, nos savoir-faire, façonnent notre temps, notre époque. Et à partir de cela, riche de cette matière première, construire et nourrir ma réflexion sur ce monde en apprenant à mieux le connaitre et, sur ce chemin, aiguiser notre sens du regard. Sur ce monde qui nous entoure, comme en nous. C’est ainsi que j’ai compris le tournant écologique de notre époque.

Parfois entre le fait de voir ou ne pas voir, il n’y a qu’un choix, comme de temps à autre, des volontés de rester aveugle face à ce que l’on préfère ignorer.

Sur cette voie arpentée et, armée de ces outils, les causes et les sujets n’ont depuis pas manqués d’affluer. Pourtant, c’est seulement en 2013 que je commence à proposer mes services et en 2015, dix ans plus tard que « quillien cécile photographie & presse » voit le jour pour la première fois. Pour aujourd’hui en 2019, prendre un virage plus officiel et engagé. En effet, suite à dix années en parallèle à évoluer en tant que travailleure sociale, une reconversion plus tard, un an passé à l’étranger et un travail de recherche en cours en anthropologie sociale et urbaine sur ces thématiques, c’est à travers cette démarche que je fais se rencontrer touts mes champs d’actions professionnels à travers quatre axes d’intervention :

 

S’informer, Chercher, Conceptualiser, Connaître

Eduquer, Diffuser, Transmettre et Débattre

Accompagner, Agir, Soutenir, Militer

 

Convaincue que l’éducation, l’information la production de la connaissance et son partage équitable sont entre autres, les enjeux du monde de demain, vers une société plus juste. C’est aujourd’hui à travers une action sociale et un travail de report-terre indépendante que je Photo-Graphie ce monde.
Le slogan et la philosophie de la société sont quand eux, on ne peut plus fidèles à ces inspirations premières des débuts :

Ecrire, Témoigner, Raconter :

« Ce que la photographie reproduit à l’infini n’a lieu qu’une fois »